Si ce puissant maître du château de la Savate eût été un observateur, il aurait très-positivement remarqué le soupir de soulagement qui souleva la poitrine de l’homme au caban à cette réponse.

Et il aurait traduit ainsi ce soupir en bon français: «Il ne sait rien! Dieu soit loué.»

Du reste, pour un diplomate de moyenne force, d’autres indices auraient corroboré le témoignage de cet imprudent soupir. En effet, l’homme au caban changea de ton aussitôt et reprit d’un accent délibéré:

—Nous n’avons pas le temps de causer, mon vieux Jean-François; tout va bien... Le percement de la barrière des Paillassons est décidé en principe...

—Allez conter vos histoires à d’autres! l’interrompit Barbedor, dont la voix trembla un petit peu.

Trompez cent fois un tendre amant, votre cent et unième parole lui fera battre le cœur.

Jean-François Vaterlot était l’amant de la barrière des Paillassons.

Au fond, cette passion nous paraît aussi poétique et aussi gracieuse que celle de Pygmalion pour sa statue. Si Jean-François eût vécu du temps d’Hésiode, il aurait eu sa place dans la mythologie.

—Croyez-moi, ne me croyez pas, reprit brusquement l’homme au caban, la question n’est pas là, et peu m’importe. Je n’ai pas compté sur votre reconnaissance, ami Jean-François, mais sur votre intérêt... Il nous faut votre maison ce soir.

—Impossible! fit Barbedor.