—Ce qui est impossible, repartit l’homme au caban, c’est de nous refuser quelque chose, quand nous le demandons.

Barbedor se recula d’un pas et son regard inquiet guetta les mains de son compagnon.

—Allons-nous changer de jeu, monsieur Garnier? dit-il en baissant la voix; faudra-t-il décidément nous entre-casser quelque chose?

—Mon bon, répondit Garnier avec le plus grand calme, je n’ai pas le temps aujourd’hui... Vous savez que je ne boude pas, quoiqu’il me fût permis peut-être de me retrancher derrière ma position et ma qualité d’homme du grand monde... Un jour qu’on aura le loisir, je vous casserai avec plaisir tout ce que vous voudrez... ce soir, il y a de l’ouvrage, et la marquise veut votre maison.

—Elle veut?... répéta Barbedor.

—Elle veut! fit Garnier comme un écho.

Ce disant, il écarta les plis de son caban, comme s’il eût voulu ôter au cabaretier toute inquiétude au sujet d’un guet-apens possible ou d’armes cachées. Ils étaient à une cinquantaine de pas du château. La salle avait quatre fenêtres de ce côté. L’éclairage inusité qui faisait resplendir l’établissement de Barbedor envoyait de vagues reflets dans la campagne. Les boutons dorés de l’habit bleu brillèrent. Barbedor dit:

—Quand même vous seriez armé comme un brigand de l’Ambigu, je n’aurais pas peur de vous.

—Ce n’est pas avec des armes que je veux vous faire peur, mon gros, riposta Garnier.

Il ricanait. Il reprit d’un ton doucereux, mais en piquant chacune de ses paroles: