—C’est entendu!

La porte fut ouverte. La marquise entra seule. Garnier s’engagea de nouveau dans le sentier. Arrivé à moitié chemin du château de la Savate à la rue de l’École, il fit entendre à bas bruit ce fameux cri de chouette que les malfaiteurs s’obstinent à choisir pour signal, malgré l’état banal où il est tombé.

Trois cris pareils lui répondirent dans les buissons voisins.

La pluie augmentait. Le terrain humecté devenait de plus en plus glissant.

—Mauvaise nuit pour M. le comte! grommela Garnier, qui serra son caban autour de ses reins.

Puis, après un silence et regardant la maison Barbedor:

—S’il entre là, tout est en question. Une fois qu’elle aura le portefeuille, le diable sait quelle part du lion elle se fera... L’ordre et la marche sont arrêtés... il faut que l’affaire de ce beau garçon soit réglée en allant et non pas en revenant.

Il franchit un talus et passa dans les terres. Par trois fois il s’arrêta, et l’on aurait pu entendre quelques mots échangés à voix basse.—Il donnait à ses hommes leurs nouvelles instructions.

Quand il regagna le sentier, une lumière isolée brillait mélancoliquement au premier étage de l’arrière-façade du château de la Savate.

Cette lumière était la lampe qui éclairait madame la marquise de Sainte-Croix.