Mais Jean, souple comme un serpent, se retourna en l’air, sans lâcher le bras gauche de son antagoniste. Il retomba élégamment sur ses deux mains, et, voltant avec le bras de Plantehoux, emprisonné sous son aisselle comme dans un étau d’acier, il l’entraîna, vaincu, dans son mouvement de rotation et le coucha tout doucement sur les deux épaules.

—Il y est! il y est! il y est! cria la foule.

Plantehoux se releva, salua et s’enfuit, tandis que Jean Lagard, souriant aux applaudissements de la foule, disait avec bonhomie:

—Un petit temps de bras!

Dans la lutte, les différents coups se désignent par ce mot temps.

Barbedor s’essuya le front; car il peinait plus que les lutteurs en scène.

—Ah! nom d’un cœur! murmura-t-il,—quel amour!... Est-ce exécuté? Ça vaut-il l’argent?... M. Plantehoux est un premier sujet...

—A un autre, papa! dit Jean Lagard, qui frottait dans la sciure ses mains mouillées.

—Tu ne veux pas souffler un peu, neveu?...

—Reposez-vous, Jean, reposez-vous, dit le public.