Elle releva son voile pour étancher la sueur de son front et montra aux rayons de la lune cette douce et noble figure que nous avons admirée déjà dans la grande salle du manoir de Saint-Jean.
Puis elle tourna la base du roc et entra dans l'ombre sous la muraille méridionale de la ville.
Elle pouvait entendre en haut du rempart le pas lourd et mesuré du soldat de la garde de nuit qui veillait.
Ce n'était pas pour s'introduire dans la ville que notre fée prenait ce chemin, car elle passa derrière la Tour-du-Moulin, qui était la dernière entrée de la ville, et s'engagea dans des roches à pic où nul sentier n'était tracé.
Bien que la nuit fût claire, elle avait grand'peine à se guider parmi ces dents de pierre qui déchirent les mains et où le pied peut à peine se poser.
Elle allait avec courage, mais elle ne faisait guère de chemin.
Elle atteignit enfin une sorte de petite plate-forme au-dessus de laquelle un pan de pierre coupé verticalement rejoignait la muraille du château. Impossible de faire un pas de plus.
Mais la fée n'avait pas besoin d'aller plus loin, à ce qu'il paraît, car elle posa son panier sur le roc et s'approcha du pan de pierre.
Une sorte de meurtrière, taillée dans le granit même défendue par un fort barreau de fer, s'ouvrait sur la plate-forme.
La fée mit sa blonde tête contre le barreau.