Nous sommes au siècle des vierges inspirées, des dentelles de granit et de splendides cathédrales.
Jeanne d'Arc, une autre jeune fille possédée de Dieu, venait d'accomplir le miracle qui reste comme un diamant éblouissant dans l'écrin de nos annales.
Jeanne d'Arc, que Voltaire a insultée, afin qu'aucun honneur ne manquât à la mémoire de Jeanne d'Arc.
La pauvre Reine n'était point une Jeanne d'Arc. Peut-être que son bras eût fléchi sous l'armure. Mais elle n'avait pas un trône à sauver.
Sa force était à la hauteur de son dévouement modeste.
La vengeance du duc François la faisait plus pauvre et plus dénuée que la plus indigente parmi les filles des vassaux de son père. Elle n'avait plus à donner que sa vie. Elle donnait sa vie simplement, nous allions dire gaiement.
C'était une jeune fille, ce n'était rien qu'une jeune fille, supportant sa peine avec courage, mais aspirant ardemment au bonheur.
Aubry était bien le fiancé qu'il fallait à cette blonde enfant des Grèves. Brave comme un lion, vif, bouillant, sincère ; un vrai chevalier en herbe.
Il y avait quinze jours qu'Aubry était captif. François de Bretagne l'avait fait arrêter le soir même de l'événement raconté aux premières pages de ce livre. Depuis lors, Aubry n'avait vu que le frère-convers, chargé de lui apporter sa provende, et Reine, qui était venue parfois le visiter.
La fenêtre de son cachot était taillée de façon à ce qu'il ne pût apercevoir que le ciel. Le sol où il reposait restait à six pieds au-dessous de la fenêtre-meurtrière.