On savait cela.
Ils avaient une meute dressée à fondre sur les braconniers et leurs chiens.
J'arrivai à la nuit tombante sur la lisière de la forêt de Jugon. Maître Loys releva piste dès les premiers pas, mais il était trop tard pour chasser.
Je connus les traces et je fis une lieue dans la forêt pour choisir un affût.
J'avais pour armes mon épieu et mon couteau.
Un bon épieu, Reine, fort comme une lance et pointu comme une aiguille.
J'attachai maître Loys au tronc d'un châtaignier, et je lui dis : « Couche ! », il ne bougea plus.
Le daim arriva, trottant dans le taillis ; maître Loys faisait le mort.
Quand le daim passa, je lui plantai mon épieu sous l'épaule ; il tomba sur ses genoux, et je l'achevai d'un coup de couteau dans la gorge.
Maître Loys poussa un long hurlement de joie.