Mais cette gravité-là ne durait point.
Jeannin demeurait aux Quatre-Salines. Sa vieille mère avait une petite cabane où le vent venait par tous les bouts. Cette nuit, le rêve de Jeannin bâtit une bonne maison de marne à sa vieille mère.
Quant à lui, nous savons qu'il couchait rarement au logis.
À l'extrémité du village des Quatre-Salines, il y avait une ferme riche ; devant la ferme, dans le verger, une belle meule de paille six fois grande comme la cabane de la mère de Jeannin.
C'était là le vrai domicile du petit coquetier. Il s'était creusé un trou bien commode dans la paille, et il dormait là mieux que vous et moi.
Sa mère avait une bique (chèvre). La bique tenait dans la cabane la place du petit Jeannin : il lui fallait bien trouver son gîte ailleurs.
Par delà le mont Dol et les coteaux de Saint-Méloir-des-Ondes, l'aube teintait de blanc les contours de l'horizon, quand Jeannin arriva au bout de la grève. Il était trop tôt pour se présenter chez Simon Le Priol. Jeannin sauta tête première dans sa meule de paille et s'endormit tout d'un temps.
Le bon somme qu'il fit ! et les bons rêves !
Il vit des cierges allumés pour ses noces dans l'église du bourg de Saint-Georges. Fanchon la ménagère tenait sa fillette par la main et la conduisait à l'autel. Simon Le Priol avait son pourpoint de fêtes gardées.
Quand le petit Jeannin dormait une fois, c'était pour tout de bon. Le soleil se leva et se coucha pendant qu'il dormait. À son réveil, la brune était déjà tombée.