— Oh ! dà ! se dit-il, le jour tarde bien à se montrer ce matin !
Il sortit de sa meule attendant toujours le soleil. Ce fut la lune qui vint.
— Allons ! se dit le petit Jeannin, j'ai fait un joli somme. Il faut courir chez Simon Le Priol pour demander Simonnette en mariage !
La route se fit gaiement. Jeannin avait son escarcelle sous sa peau de mouton. Il frappa à la porte de Simon.
— Holà ! petiot, lui dit le bonhomme quand il fut entré, depuis quand frappes-tu aux portes comme si tu étais quelque chose ?
De fait, le petit Jeannin n'avait point coutume de frapper. Il faisait comme les chats : il entrait tout doucement sans dire gare.
S'il avait frappé ce soir, c'est qu'en effet, sans se rendre compte de cela, il se sentait devenu quelque chose.
— Bonjour, Simon Le Priol, dit-il avec un pied de rouge sur la joue ; bonjour, dame Fanchon et la maisonnée.
La maisonnée se composait de deux vaches et de quatre gorets, car Simonnette était dehors, ainsi que tous les Mathurin et toutes les Gothon.
Fanchon et Simon se regardèrent.