— Sire chevalier, cria-t-il à travers la planche de chêne, à l'heure où il vous plaira de vous en aller, frappez et ne vous impatientez pas, je vais à matines.
— Peste ! dit Méloir en se tournant vers Aubry, mon cousin, tu as un geôlier de bonne humeur ! Et comment te portes-tu, depuis le temps ?
— Bien, répliqua Aubry.
— Le fait est que tu n'as pas encore trop mauvaise mine.
— Que viens-tu faire ici ?
— Savoir de tes nouvelles en passant, mon cousin Aubry, et te donner une bonne poignée de main. Il tendit sa main à Aubry, qui la repoussa.
— Oh ! oh ! fit Méloir ; sais-tu que c'est la main d'un chevalier, mon cousin ?
— Je le sais, et j'ai grande honte pour la chevalerie.
— Qu'est-ce à dire ! s'écria Méloir qui fronça le sourcil. Mais il se ravisa tout de suite.
— De temps immémorial, continua-t-il, les vaincus ont eu droit d'insolence. Ne te gêne pas, mon cousin, ces murs de granit doivent bien aigrir un peu le caractère. Des captifs, des enfants et des femmes, un chevalier sait tout souffrir.