— M'est avis qu'ils se sont séparés en trois troupes, dit-il, volontairement ou par l'effet du hasard.
— Après ? demanda Méloir.
— Après, mon bon seigneur ? on prétend que le sire d'Estouteville a reçu ordre du roi de France de s'opposer à toute poursuite armée sur le territoire du royaume.
— Qui prétend cela ?
— De gens bien informés, mon cher seigneur. Le vieux Maurever est un matois. Il aura pris à gauche du Mont pour se trouver tout de suite le plus près possible de la protection française.
— Oh ! hé ! cria Bellissan, le gros de la bande a pris à droite du mont Saint-Michel. Allez, chiens, allez !
Il pouvait y avoir du bon dans l'avis de maître Vincent Gueffès ; mais le lévrier de Bellissan le veneur entraîna tous les autres, et maître Gueffès resta seul. Il s'arrêta un instant indécis.
Dans les sables, par le brouillard, il n'est pas permis de réfléchir.
Quand maître Vincent Gueffès se ravisa et voulut suivre la troupe de Méloir, il n'était déjà plus temps. Aucun bruit n'arrivait à son oreille.
Il tourna sur lui-même pour s'orienter ! Seconde imprudence.