— Hardi, Loys ! Il y eut tout à coup un grand cliquetis de fer. Le sable se rougit autour du vieux poteau, vert de goémon. Les chiens étranglés hurlèrent. Les hommes d'armes repoussés blasphémèrent. Hardi, Loys ! maître Loys ! ils sont à nous !

XXXII. Le tube miraculeux.

C'était un étrange combat.

Aubry, à pied, avait, il faut le dire, tout l'avantage sur les hommes d'armes à cheval.

Leste et jeune, il se servait du brouillard comme d'une machine de guerre.

Il avait quitté le mamelon où la brume était trop claire, et les hommes d'armes l'avaient suivi dans un fond, sur la tangue molle, où les sabots de leurs montures enfonçaient à chaque pas.

Aubry était pour eux comme un fantôme qui paraissait à l'improviste, qui disparaissait tout à coup pour reparaître encore.

Mais l'épée d'Aubry n'était pas un fantôme d'épée ; elle taillait bel et bien, Péan le savait, Corson aussi, Kerbehel de même, car ils avaient tous les trois de profondes blessures.

Le pauvre héraut Corson grommelait :

— Le buffle de mon justaucorps est devenu de gueules !