— Eh bien ! petit gars, prends une torche et mène-nous au manoir. Jeannin prit une torche.

— Holà ! Conan ! Merry ! Kervoz ! cria le chevalier en s'adressant à quelques archers, au nombre de six, restés dans le cimetière, vous nous apporterez au manoir du pain, des poules et du vin ; petiot, marche devant.

Jeannin leva la torche et obéit.

Le chevalier, suivi des six hommes et du héraut, chevauchait derrière lui.

La lumière de la torche éclairait vivement la taille gracieuse de Jeannin, et mettait des reflets parmi les boucles de ses longs cheveux blonds.

— Voilà un gentil garçonnet ! dit le chevalier. Petiot, tu n'as pas envie de monter à cheval et de faire la guerre ?

— Non, Monseigneur, répliqua Jeannin en tremblant.

— Pourquoi cela ?

— Tout le monde dit que je suis poltron comme les poules, Monseigneur. Le chevalier éclata de rire.

— À la bonne heure ? s'écria-t-il, voilà une raison. Et tu n'as pas envie non plus de gagner les cinquante écus nantais ?