Yanuza secoua sa tête grise et grommela:

—Mieux vaudrait agir que veiller, seigneur docteur.

Puis elle reprit, de son pas dur et ferme, le chemin de la porte, sans même jeter un regard au lit où René gisait immobile.

Quand Yanuza fut partie, le docteur italien resta un instant immobile et pensif, puis il trempa une mouillette de pain dans la tasse de chocolat, qu'il repoussa aussitôt loin de lui.

—Tout a goût de sang ici! prononça-t-il d'une voix sourde.

Depuis quelques minutes les paupières de René s'appesantissaient de nouveau et un sommeil irrésistible le cherchait.

Ces dernières paroles de l'Italien arrivèrent à son oreille, mais glissèrent sur son entendement.

Soudain un grand bruit se fit à l'intérieur de la maison. Ce n'était ni dans la serre ni du côté de la bibliothèque. René crut entendre un cri semblable à celui qui l'avait fait retourner en sursaut, la nuit précédente, quand il était caché dans les framboisiers devant la maison isolée.

Il essaya de combattre le sommeil, mais tout son être l'engourdissait de plus en plus, et il lui parut que le nègre qui s'était levé sur son séant dans la serre le regardait fixement.

C'était des yeux blancs du nègre que le sommeil venait.