Yanusza, notre nourrice à toutes deux, c'est cette vieille femme qui vous a introduit ici ce soir, monta dans ma chambre et s'accroupit sur le seuil.

—La fille aînée de mon maître est sur le chemin de sa mort! gémit-elle les larmes aux yeux.

Elle imposa silence à mes questions. Un grand bruit de chevaux se faisait dans la cour.

La voix éclatante de Marcian Gregoryi commanda: «Au galop!» Et pour la seconde fois la route disparut derrière les tourbillons de poussière.

Marcian Gregoryi suivait la même direction que ma soeur.

A quelques lieues de là, il y avait une tente toute simple, piquée au coin d'un bouquet de frênes et entourée par les feux d'un bivouac.

Au-devant de la tente, des officiers généraux français s'entretenaient à voix basse.

A l'intérieur, un jeune homme de vingt-six ans, pâle, maigre, chétif, coiffant de cheveux plats un front puissant, dormait la tête appuyée sur une carte pointée. Une lettre signée «Joséphine» était ouverte sur la table et portait la marque de la poste de France.

Celui-là pouvait dormir; il avait terriblement travaillé depuis le lever du soleil.

Une armée tout entière le gardait, soldats et généraux; il était l'espoir et la gloire de la république française, victorieuse de l'univers.