—Il refuserait de me répondre.

—Il l'a annoncé?

—Très nettement.

—Votre avis personnel, monsieur Despaux, est-il que je le doive recevoir, en l'absence de M. le préfet!

—Monsieur le secrétaire général, répliqua l'inspecteur, je ne me permets guère de donner des conseils à mes chef, mais dans les circonstances où nous sommes…

—Ce sont de diaboliques circonstances, monsieur.

—Il se pourrait que les révélations de cet inconnu…

—Alors il va me faire des révélations?

—Tout porte à le croire… et si elles ont trait au complot… Vous savez que nous ne sommes pas plus avancés que le premier jour.

—Monsieur, l'interrompit Berthellemot, ma ligne de conduite, et quand je dis ma ligne, c'est celle de M. le préfet… notre ligne de conduite est toujours réglée d'avance, indépendamment de l'opinion de celui-ci ou de celui-là. De grands événements se préparent, de très grands événements. J'en sais plus long que je ne vous en veux dire, croyez-le bien… La France a besoin d'un maître: je n'ai jamais varié sur ce point. Qui vivra verra. Aussitôt que vous m'avez parlé de cet homme, j'ai nourri l'intention formelle de le recevoir. S'il a de mauvais desseins contre ma personne, mon devoir est de risquer ma vie… et quand je dis ma vie… Mais n'importe, pour le service de Sa Majesté…