M. Dubois se dérida aussitôt et devint attentif.

—Un enfant, monsieur le préfet, étranger autant qu'il est possible de l'être à tous complots politiques, et que je retiens prisonnier précisément pour l'éloigner des scènes violentes qui auront lieu demain matin.

—Est-ce par lui que vous connaissez la retraite de Cadoudal? demanda
Dubois.

—C'est par lui.

—Il a donc trahi?

—Il m'aime, répondit la comtesse Marcian Gregoryi en rougissant, non point de honte, mais d'orgueil.

—Maintenant que nous avons tout dit, monsieur le préfet, reprit-elle après un silence, convenons de nos faits. Je vous rappelle que je n'ai rien à solliciter de vous. C'est moi qui pose les conditions. Je pose pour condition première qu'aujourd'hui, à minuit, une force suffisante entourera la maison située chemin de la Muette, au faubourg Saint-Antoine, et dont voici le plan exact. (Elle déposa un papier sur le bureau.) Tous les affiliés de la ligue de la Vertu seront réunis dans cette maison. Vous aurez à faire main basse sur eux, et voici comment vous serez introduit: un de vos hommes se présentera à la porte donnant sur le chemin de la Muette et frappera six coups, espacés ainsi et non autrement: trois, deux, un. On ouvrira, on lui demandera: Qui êtes-vous? Il répondra: Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, je suis un frère de la Vertu.

A la même heure, s'il se peut, ou immédiatement après, vos agents entreront dans l'hôtel qui porte le numéro 7, chaussée des Minimes, au Marais. Vous saisirez en ce lieu tous les papiers des conjurés, toutes les épreuves!

Mon nom se trouvera fréquemment dans ces papiers. Vous savez désormais à quel titre. J'ai hurlé avec les loups pour avoir le droit de les suivre jusqu'au fond de leur tanière.

Dans la serre, située à gauche du salon, la troisième caisse en partant de la porte vitrée, caisse qui contient un yucca, sera dérangée et découvrira une trappe.