Quand Médor rentra, il était onze heures avant minuit. Il ne vit rien d'abord et pensa que Justin dormait. La lampe qu'on avait oublié de remonter fumait et n'éclairait plus.
Mais quand ses yeux furent habitués à cette obscurité, Médor aperçut Justin couché tout de son long sur le carreau, l'œil ouvert, gonflé, sanglant.
Auprès de lui était le berceau qui avait été de nouveau disposé en autel. Sur les jouets de Petite-Reine le portrait de Lily reposait.
Entre les jambes écartées de Justin, il y avait une bouteille d'absinthe complètement vide.
—Ah! ah! fit Médor qui recula d'un pas comme on fait à l'aspect d'un reptile venimeux, il veut en finir!
Un papier froissé était dans les doigts de Justin, un papier encadré de noir, largement, qui portait le timbre de la poste de Tours.
À la lueur de la lampe qui mourait, Médor épela les premières lignes de la lettre funèbre.
—Sa mère! balbutia-t-il.
Il s'agenouilla et baisa le front de Justin qui était baigné d'une sueur froide et acheva:
—Sa mère est morte; il l'a tuée! Ah! c'est lui maintenant, c'est lui qui est le plus malheureux.