Médor était là, fidèle et doux, regardant aussi le petit berceau, pleurant aussi, écoutant la plainte de la jeune mère.

Elle n'avait gardé qu'une relique, et elle lui avait bien porté bonheur; c'était le petit bracelet à fermoir en cuivre doré qui avait amené chez elle M. le marquis de Rosenthal.

Et voyez le hasard! la veille du jour, du funeste jour, Petite-Reine avait cassé la monture de son bracelet. Lily l'avait dans sa poche pour le faire raccommoder, et comme depuis la perte de Petite-Reine, la réparation devenait, hélas! inutile, Lily avait toujours gardé le bracelet.

Vous jugez si elle y tenait! il ne fallait rien moins que cela pour la faire aller chez une somnambule.

Le marquis de Rosenthal!—Médor!

Que de choses dans une seule journée!

Mais je ne sais pourquoi la pensée de Médor n'ajoutait point à la joie de Lily et mettait au contraire un doute parmi sa certitude.

Elle avait gardé à cette bonne créature un souvenir de reconnaissance et d'affection pourtant; elle s'était dit souvent: je voudrais le retrouver pour le faire heureux.

Et maintenant elle avait peur de Médor.

Cette peur s'expliquera d'un mot, quand nous dirons la pensée qui venait à Lily.