Puis elle ferma sa fenêtre et prit sa guitare, dont elle tira quelques accords au hasard.

Elle attendait.

Aujourd'hui, elle avait relu toutes ces pages enfermées maintenant dans la cassette.

Hélas! elle avait le temps de lire.

Ces pages contenaient son histoire,—ce qu'elle savait de son histoire.

L'histoire de ses impressions, de ses sentiments, de son cœur.

Pour qui avait-elle écrit cela? Les premières lignes du manuscrit répondaient à cette question.

Aurore disait:

«Je commence d'écrire un soir où je suis seule après avoir attendu tout le jour. Ceci n'est point pour lui. C'est la première chose que je fais et qui ne lui soit point destinée.

»Je ne voudrais pas qu'il vît ces pages où je parlerai de lui sans cesse, où je ne parlerai que de lui. Pourquoi?... Je sais pourquoi. J'aurais peine à le dire.