»Je vois encore les fenêtres du Palais-Royal, bien souvent éclairées le soir pour les nobles fêtes du Régent.

»Les dames de la cour passent dans leurs chaises avec de beaux cavaliers aux portières.

»J'entends la musique des danses.

»Parfois mes nuits n'ont point de sommeil...

»Mais si seulement il me fait une caresse, s'il lui échappe une douce parole, j'oublie tout cela, ma mère, et je suis heureuse...

»J'ai l'air de me plaindre. N'allez pas croire, ma mère, qu'il me manque quelque chose.—Henri me comble toujours de bontés et de prévenances. S'il est froid avec moi depuis longtemps, peut-on lui en faire un crime?...

»Tenez, ma mère, une idée m'est venue parfois. J'ai pensé, car je connais les chevaleresques délicatesses de son cœur, j'ai pensé que ma race était au-dessus de la sienne, ma fortune aussi peut-être. Cela l'éloigne de moi. Il a peur de m'aimer.

»Oh! si j'étais sûre de cela! comme je renoncerais à ma fortune! comme je foulerais aux pieds ma noblesse!

»Que sont donc les avantages de la naissance auprès des joies du cœur? Est-ce que je vous aimerais moins, ma mère, si vous étiez une pauvre femme...?

»Il y a deux jours, le bossu vint le voir.—Mais je ne vous ai pas parlé encore de ce gnome mystérieux, le seul être qui ait entrée dans notre solitude.