—C'est tout le monde et ce n'est personne. Au palais, nous savons ainsi beaucoup de choses.
Le mensonge entraîne, c'est certain. Compromettre ma robe en tout ceci était encore un acte coupable. Mais ma réponse porta coup. Olympe fut frappée presque aussi violemment que la première fois. Seulement, elle garda mieux les apparences.
—Pensez-vous, me demanda-t-elle, que M. le président soit aussi instruit que vous?
—Je n'en sais rien, répliquai-je.
Elle garda un instant le silence, puis elle reprit:
—M. Thibaut, vous avez été ma première et peut-être ma seule affection. Répondez-moi sans irritation ni forfanterie. Vous croyez avoir une arme dans la main. Feriez-vous usage de cette arme contre moi?
Je répliquai:
—Je vous réponds avec calme, Madame. J'userai de cette arme si vous ne faites pas ce que je veux. Les paroles étaient dures, mais ma voix tremblait. J'étais à bout d'énergie.
Olympe le vit bien. Elle se leva aussi digne, aussi tranquille que si elle eût été importunée par l'impuissante menace d'un mendiant.
—Vous êtes un lâche, M. Thibaut, me dit-elle. Au palais dont vous parlez, ils ont un mot pour flétrir le genre de vol que vous essayez de commettre chez moi. Votre arme ne vaut rien, vous en serez pour votre honte. C'est uniquement en considération de votre mère que je ne vous fais pas chasser par mes valets. Sortez d'ici et n'y rentrez jamais!