Ses yeux me disaient:

«Ami, vous ne savez pas assez, étudiez encore. Le mystère vous échappe parce que vous ne me connaissez pas. Le mystère, c'est moi-même. Je vaux la peine d'être devinée.»

J'aurais peine à exprimer le charme douloureux de ce rêve où j'aimais Jeanne non plus à cause de Lucien, mais pour elle-même et comme une chère petite sœur.

Quand je m'éveillai, ma chambre était inondée par le soleil de midi.

Je me sentais las et même un peu malade. Ma tête lourde me brûlait.

Mais ma curiosité, éveillée en même temps que moi et bien plus fortement que la veille, me remit en main les pages du dossier, encore éparses sur mon lit.

Mon domestique était entré pendant mon sommeil, et il y avait longtemps, sans doute, car mon chocolat, placé sur ma table de nuit ne fumait plus.

Dans le plateau se trouvaient mes journaux et plusieurs lettres.

Je laissai mon chocolat, bien que je le prenne froid, d'habitude. Ceci n'était pas un sacrifice puisque l'appétit me manquait, mais ce qui peut être regardé comme un symptôme majeur d'excitation, c'est que mon premier mouvement fut de négliger tout net mon courrier pour reprendre ma lecture.

Cependant, il est une chose qui attire invinciblement ceux qui touchent à la presse, ne fût-ce que par une imperceptible tangente. Mon œil ayant rencontré parmi mes journaux un titre nouveau, je tendis le bras d'instinct, et mes doigts déchirèrent la bande malgré moi.