Ses doigts, qui frémissaient malgré elle, tourmentaient son mouchoir.

—Lucien est bien malade, dit-elle encore, et bien malheureux.

—Je crois qu'il peut guérir, répondis-je. Quant à son malheur, je vous demande pardon, Madame, mais je n'en connais pas encore toute l'étendue.

—C'était la première fois que vous revoyiez Lucien, M. de Rœux?

—Depuis les jours de notre enfance, oui, Mme la marquise, la première fois.

—Mais vous saviez tout ce qui le concernait depuis longtemps?

—J'ai commencé cette nuit seulement à lire son histoire.

Elle témoigna de l'étonnement, mais comme si elle se fût dit: il faut bien être un peu étonnée.

—Oserais-je vous demander, M. de Rœux, poursuivit-elle comment vous avez trouvé l'adresse de Lucien?

—Par un M. Louaisot de Méricourt qui me l'a vendue trente francs, répondis-je.