(Écriture de Lucien.—Non signé.)

29 septembre.

Geoffroy, j'ai vu Jeanne. Je craignais de la trouver bien plus changée. Elle m'a grondé parce que je pleurais. Elle veut que j'aie confiance en Dieu.

J'avais passé toute la soirée d'hier, toute la nuit, toute la matinée d'aujourd'hui à méditer sur ce grand acte que j'allais accomplir. Prendre sur moi la défense de Jeanne! J'étais bien heureux, mais j'avais grand peur.

Je comptais l'interroger minutieusement. Ne savais-je pas que la lumière sortirait de ses réponses tout naturellement?

Je ne l'ai pas interrogée. Le temps nous a manqué pour cela. Elle a mis sa tête sur mon épaule et nous avons parlé de sa mère.

Mon Dieu! je ne demande pas mieux que d'avoir confiance en vous! Mais à voir cette tête suave, miroir d'une âme angélique, prise dans ce sombre cadre d'une cellule de prison, que croire de votre justice?...

Je disais cela. Elle a posé ses deux mains sur ma bouche. Elle m'a dit:

—Au-delà de ce monde, il y a autre chose....

Et puis elle s'est mise à sourire, ajoutant: