—D'ailleurs, je ne serai pas condamnée, puisque tu es mon avocat.
Et son front a remplacé ses deux mains sur ma bouche, pendant qu'elle répétait en extase:
—Mon mari, mon mari, mon mari! Tu es mon mari!
Nous nous aimons, Geoffroy, nous sommes heureux. Elle a raison. Il faut croire à la miséricorde de Dieu.
Changerais-je mon sort contre celui d'un roi?...
Elle est à moi, elle est ma femme. Ils ne peuvent pas faire qu'elle ne soit pas ma femme. Voilà où Dieu est grand! Voilà où Dieu est bon! Que son nom soit mille fois béni!
Dans la petite maison du Bois-Biot, du temps de Mme Péry, il y avait une chambre qui donnait sur l'ancienne avenue du manoir. Le manoir a disparu, mais les grands chênes restent.
Mme Péry avait son piano dans cette chambre. Elle chantait bien rarement. Une fois pourtant, j'entendis le piano en passant dans l'avenue, et la voix de notre chère jeune mère descendit parmi les branches.
Elle chantait la chanson normande, la pauvre Chanson du Poirier.
Au bas de not'village,
Ma lon lan la,
Ma tour la-i-la,
Au bas de not'village
Il était un poirier.