—Jeanne, lui ai-je dit, mon bon petit amour, je vais t'interroger, moi aussi, parce qu'il faut que je sache bien tout pour te défendre. Veux-tu me répondre?
—C'est donc vrai, alors! s'est-elle écriée. J'irai-là! avec des gendarmes! maman aurait voulu venir avec moi. Ah! je suis contente qu'elle soit morte!
Elle n'aurait pas pleuré, je crois, car elle est brave plus que je ne puis le dire. Mais ses larmes sont venues quand elle a vu les miennes couler.
Elle a essuyé mes yeux avec son mouchoir.
—Eh bien, après! s'il faut aller, j'irai. Tu seras-là. Mon Dieu! comme je te fais du chagrin!
J'ai poursuivi mon interrogatoire:
—Jeanne, tu ne connaissais pas du tout le comte Albert de Rochecotte, n'est-ce pas?
—Si, Lucien, je l'avais vu une fois quand pauvre maman me mena à l'Opéra. Notre cousin Rochecotte était là avec papa et des dames. Il me parut qu'ils se moquaient de papa, comme s'ils le trouvaient trop vieux pour être avec eux. Il y avait d'autres jeunes gens.
—Et Albert te vit-il?
—Oh! non, Maman et moi nous nous mîmes dans un endroit sombre. Maman était fâchée d'être venue.