—Remarquas-tu la dame qui était avec Albert?
—Quand maman me le montra, elle me dit: «C'est le beau, celui qui est tout seul.» Il n'avait pas de dame avec lui.
—Tu es bien sûre de cela Jeanne?
Une nuance rosée vint à ses joues pendant qu'elle réprimait un sourire espiègle.
—Bien sûre, répondit-elle, puisque la dame que papa avait amenée était pour le comte Albert.
—Toute jeune, celle-là, n'est-ce pas, Jeanne?
—Mais du tout. Une grande brune, très belle, trop forte, et qui paraissait bien près de ses trente ans. Ce n'était pas Fanchette. Je repris:
—Jeanne, veux-tu me dire l'histoire de ton enfance?
—Je veux bien, mais elle n'a pas beaucoup d'histoire, mon enfance. Nous habitions une grande maison de campagne, presque un château, près de Dieppe. Notre plus proche voisin était le marquis de Chambray qu'Olympe épousa plus tard.
—Te souviens-tu bien d'Olympe en ce temps-là.