—Non, très peu. J'entendais dire qu'il n'y avait rien de si beau qu'elle, mais elle était trop grande pour moi.

Nous vivions comme des riches, seulement il arrivait du matin au soir des gens qui voulaient être payés.

Pauvre papa n'était pas méchant, au moins. Il ne grondait jamais maman que pour avoir de l'argent. Maman l'aimait bien. Une fois pourtant, elle se fâcha contre lui. Cela m'est resté. Je la trouvais trop sévère. Pauvre papa s'en alla, et maman ne mit plus jamais son cachemire de l'Inde.

—En s'en allant, le baron l'avait emporté?

—Oui, et les bracelets, avec la broche et les boucles d'oreilles. Maman m'a dit depuis que c'était à lui, tout cela, et qu'il n'avait pas volé.

—Mais qu'avait-il fait pour fâcher ta chère mère?

—Dame... nous ne pûmes pas rester dans le pays.

—Où allâtes-vous, Jeanne?

—Partout. J'étais encore bien petite. J'ai été dans plus de dix pensions à la queue leu leu. Pauvre papa venait toujours, et alors nous partions.

—Tu étais déjà grande quand vous vîntes au Bois-Biot?