Elles travaillaient de leurs mains.

Elles vivaient dans la position exacte où M. Cressonneau aîné doit voir celle dont le pauvre Albert disait: «On n'épouse pas Fanchette!»

Restait la lettre de ce même Albert, celle où il m'affirmait ne pas connaître sa cousine Jeanne Péry.

Mais cette lettre laissait voir des répugnances qui avaient pu porter Jeanne à prendre un masque—pour s'approcher de lui.

Aux yeux de Cressonneau, cette lettre devait précisément expliquer pourquoi la maîtresse de Rochecotte ne s'appelait pas Jeanne, mais bien Fanchette!

On en trouverait des traces, d'ailleurs, de cette Fanchette, à moins que la terre ne se fût ouverte pour l'engloutir!

Jeanne dit: «Il faut bien qu'il y ait contre moi des apparences, mon pauvre Lucien chéri, sans cela, ils ne m'auraient pas mise en prison.»

Et elle prend mes deux mains qu'elle appuie sur son cœur en appelant mon regard sur ses yeux, qui laissent voir le fond de son âme.

Pendant que nous restons ainsi, les heures s'écoulent.

Je me vois au banc de la défense. Le jury me regarde et m'écoute. L'auditoire attend.