—Hein! fit-il. Si nous avions découvert ce pot aux roses après l'arrivée du vicaire! On n'éloigne pas ces oiseaux-là comme on veut. Nous allons fabriquer de la bonne besogne cette nuit, petiot, et demain matin ta fortune sera faite.

Le cabinet fut refermé, la lumière éteinte et nous laissâmes l'étude dans l'état exact où nous l'avions trouvée.

Quand Louaisot repassa la petite porte du potager après avoir donné une dernière caresse au vieux Loup, minuit sonnait à l'horloge de la paroisse. Notre expédition avait duré un peu plus d'une demi-heure. Méricourt tout entier dormait comme un seul Normand. Nous prîmes par la traverse et en cinq minutes nous avions atteint le château. Louette vint nous ouvrir à la grille du parc. Louaisot se fit introduire aussitôt auprès de la marquise Olympe qui était dans la chambre du mort.

Ici, et pour la première fois, je cesse d'être un témoin ayant vu de ses propres yeux, entendu de ses propres oreilles.

La lacune va être courte et ne comprendra que la scène entre la marquise Olympe et Louaisot.

Je la raconte sommairement, d'après ce que je sus par Louaisot lui-même que son émotion et l'extrême besoin qu'il avait de moi rendaient communicatif, cette nuit.

Le défunt était sur son lit, la tête couverte d'une mousseline.

Olympe restait assise à la place qu'elle avait tenue fidèlement pendant la maladie.

En entrant, Louaisot lui dit:

—Chère Madame, je viens de prendre connaissance du testament: ceci entre nous, car je me suis passé de l'aide de M. Pouleux. Vous et votre fils, vous êtes déshérités.