L'outil est-il bon?
Je ne sais pas ce que se dirent le vieux Jean et le patron. J'étais bien trop loin pour les entendre causer mais il fut évident pour moi que M. Louaisot apportait une communication à la fois importante et fâcheuse, car le vieux se prit bientôt à trembler de tous ses membres.
Il n'y aura pas beaucoup de dialogue dans le drame qui va suivre, puisque mes oreilles m'étaient inutiles. J'espère cependant rendre les scènes aussi claires pour le lecteur qu'elles le furent pour moi qui assistai, toute cette journée durant, à une véritable pantomime.
Louaisot ne resta pas plus d'un quart d'heure. En s'en allant, il laissa Laura endormie aux pieds du vieillard qui la regardait avec un espoir mêlé de terreur.
Je traduisais déjà l'expression de cette physionomie ravagée. Elle me semblait dire:
«Est-ce bien vrai que cette pauvre fille soit en état de me porter secours?»
Mais le véritable mot de l'énigme me fut donné une heure environ après le départ de Louaisot.
Le bonhomme s'était assoupi à son tour. C'était vraiment une misérable créature, sa tête pendait sur sa poitrine creuse, laissant saillir les os de sa nuque, dentée comme une scie.
Un coup de poing aurait brisé cela comme verre.
Tout d'un coup, je vis paraître au bout de la ruelle une peau de bique, un brûle-gueule et un nez couleur de tomate.