Jamais je n'avais vu Joseph Huroux. J'ignorais même qu'il fût en état de se payer une toilette aussi étoffée.

Et pourtant je le reconnus tout de suite, comme si quelqu'un l'eût nommé derrière moi.

Ma pensée marcha aussitôt. Je ne dis pas mon imagination, j'en manque absolument; je dis ma pensée: ce qui chez nous devine et déduit par le calcul.

Que venait faire là l'ancien mendiant, si véhémentement soupçonné d'avoir guéri de leur misère les trois premiers membres de la tontine?

Ceci n'était pas même une question pour moi.

Joseph Huroux venait rendre au vieux Jean le même service qu'il avait déjà rendu successivement à Jean-Pierre Martin, le bedeau, à Simon Roux, dit Duchêne le déserteur, et à Vincent Malouais, le maquignon.

Mauvaise figure, du reste, ce Joseph Huroux, et qui disait assez bien son dessein.

Mais comment était-il là? Le trou du bonhomme ne pouvait, en vérité, passer pour une cachette facile à découvrir.

Le vieux Jean ne sortait jamais, sinon dans un petit périmètre de cent cinquante mètres au plus pour se procurer ses aliments et son tabac. Son chauffage, il le ramassait dans le désert qui environnait nos deux huttes, la sienne et la mienne.

Et même, quand une de mes planches laissait tomber ses coins moisis, il ramassait le bois pour le brûler.