Un limier de Paris, un vrai limier serait venu ici peut-être tout justement parce que personne n'y venait, mais un bouledogue campagnard!

Non. Ce devait être M. Louaisot qui avait attiré là Joseph Huroux par son industrie.

La présence de Laura,—l'outil,—donnait pour moi à cette supposition le caractère de l'évidence.

M. Louaisot avait pris les devants, parce que l'homme à la peau de bique l'inquiétait. Ce n'était pas, après tout, un adversaire méprisable. Il avait fait trois fois ses preuves.

Un coup d'heureuse chance pouvait lui fournir beau jeu pour la partie suprême. Avec beau jeu, il devait gagner. Et alors, le plan de M. Louaisot, qui avait déjà coûté si cher, était ruiné à jamais.

Il n'était pas dans la nature du patron de s'en rapporter au sort. Lui qui trichait toujours, pourquoi aurait-il mené loyalement cette partie d'où dépendait tout son avenir?

Il avait, comme à l'ordinaire, voulu choisir son terrain, son heure et ses armes.

Il avait amené Joseph Huroux ici—lui-même.

Ici, où le piège était tendu.

J'allais voir la lutte, moi, la plume derrière l'oreille et commodément assis sur la bûche qui me servait de fauteuil à la Voltaire.