Vers six heures du soir, sous le beau soleil d'été qui allait s'inclinant déjà parmi les nuées roses, vers les coteaux de Meudon, un nuage de poussière arriva du côté de Paris.

C'était une calèche attelée de deux fringants chevaux qui s'arrêta devant la porte des Tilleuls.

Le maître du restaurant quitta son comptoir et vint faire accueil à M. le comte Albert de Rochecotte qui était un client de choix. Albert portait le deuil. Fanchette, sa maîtresse, avait une toilette ravissante de fraîcheur. Elle était jolie à miracle. François Riant leur offrit le cabinet que nous savons.

—Où donc est passé Laurent? demanda Albert.

Mais comme cela lui était égal, il n'attendit pas la réponse et se mit à combiner le plan d'un petit dîner transcendant. Fanchette donnait son avis. C'était une luronne. Son charmant visage pétillait d'esprit et de gaieté.

François Riant, car je tiens de lui une partie de ces détails, disait que M. le comte avait encore l'air fort amoureux. Fanchette et lui dînèrent bien et longtemps. Entre eux tout était sympathique même l'appétit.

En allant et en venant. François Riant entendait quelques bribes de leur entretien. Une fois, M. le comte dit en montrant le terrain voisin:

—Si je t'achetais un de ces lots pour y bâtir le chalet de tes rêves?

—Viendrais-tu y demeurer avec moi? demanda Fanchette.

—Et le décorum, ma chère!