Dans une niche, la folle travaillait à ses couronnes. C'est le symptôme de sa crise qui monte. Et sa crise montait dès que Louaisot le voulait.

Jeanne et moi nous avions bien entendu un bruit dans la grande galerie, mais comment aurions-nous deviné?... Olympe nous a tout épargné, jusqu'à la terreur.

Nous n'avons su la menace suspendue sur notre tête qu'à l'heure où nous étions déjà sauvées. Mais Olympe, elle, avait compris la signification de ce bruit. Elle avait fait son choix et son sacrifice. Comme nous lui demandions où elle allait, quand elle sortit de la tente, elle nous répondit avec un douloureux sourire:

—Je vais gagner le pardon de Lucien.

Elle chercha, elle trouva Laura Cantù qui tressait ses fleurs à la lueur du dehors filtrant par une fissure.

Il ne faisait pas encore tout à fait nuit.

Olympe s'assit auprès de la folle et lui parla de son enfant.

Elle resta là longtemps, bien plus de temps qu'il n'en fallait pour faire de Laura son esclave.

Et quand Louaisot descendit pour en finir avec nous, Olympe prononçant les paroles sacramentelles, dit à Laura:

—Le voilà! c'est lui qui a tué l'enfant! La folle s'élança tête baissée.