L'outil était retourné contre son maître. Louaisot tomba étranglé. Mais pourquoi Olympe fut-elle frappée à son tour? Parce qu'elle le voulut.
Louaisot expirant lui avait dit en parlant de Lucien: je l'ai appelé, il me vengera! Elle eut horreur de mourir par les mains de Lucien. On doit croire que sa raison chancelait.
Quand elle vit de loin, dans la perspective de la galerie les trois hommes s'avancer et qu'elle reconnut le visage de Lucien, sévère comme celui d'un juge,—c'est elle qui nous l'a dit: elle se sentit condamnée. Son fils, l'autre Lucien, l'appelait....
Elle dit à la folle, comme on approche de son sein, le poignard, rouge d'un autre sang: «Je t'ai trompée: c'est moi, c'est moi, qui ai tué...» C'était presser le ressort. Le ressort joua. Olympe sentit les doigts de Laura pénétrer dans sa chair, puis tordre son cou....
[Dernier récit de Geoffroy]
Un instant après qu'Olympe eut rendu son dernier soupir, nous entendîmes une voix qui appelait dans le lointain de la galerie: «Madame! Madame!»
Lucien et moi nous étions en train d'arranger un fauteuil en civière pour porter le corps de la marquise de Chambray dans sa maison.
La personne qui appelait était Stéphanie. Le vieux Jean Rochecotte était à l'article de la mort. Il demandait instamment sa nièce Olympe, ou, pour employer ses expressions, répétées par Stéphanie: «Quelqu'un de sa famille.»
Nous nous mîmes en marche. Stéphanie nous éclairait. Lucien et moi nous portions la civière.