Le chien se recoucha sans quitter des yeux le seuil où Hervé se tenait découvert et respectueusement incliné.

M. de La Tremlays continuait d'examiner ce dernier en silence.

Au bout de quelques minutes, il parut prendre tout à coup une résolution et se leva.

—Approchez, monsieur mon cousin, dit-il avec une brusque courtoisie; vous êtes le bienvenu au château de nos communs ancêtres.

Hervé ne put retenir un mouvement de joie en voyant sa parenté, à laquelle il ne croyait guère lui-même, si tôt et si aisément reconnue. Sur un geste du vieux seigneur, il prit place sous le manteau de la cheminée.

L'entrevue fut courte et décisive.

—J'espère, monsieur de Vaunoy, dit Nicolas Treml, que vous êtes un vrai Breton!

—Oui, Saint-Dieu! mon cousin, répondit Hervé, un vrai Breton, tout à fait!

—Déterminé à donner sa vie pour le bien de la province?

—Sa vie et son sang, monsieur mon cousin de La Tremlays! ses os et sa chair! Détestant la France, Saint-Dieu! abhorrant la France, monsieur mon digne parent! prêt à dévorer la France d'un coup de dent si elle n'avait qu'une bouchée!