Vaunoy se leva et lui saisit la main qu'il porta vivement à ses lèvres.
—Saint-Dieu! monsieur, s'écria-t-il, je suis à vous corps et âme!
Nicolas Treml fut quelque temps avant de reprendre la parole. Son regard ne se détachait point de Vaunoy.
—Je crois, dit-il enfin; je veux vous croire. Aussi bien, il n'est plus temps d'hésiter; ma résolution est prise. Écoutez.
M. de La Tremlays s'assit auprès de Vaunoy et poursuivit:
—Je vais partir pour ne point revenir peut-être… ne m'interrompez pas… Ma route sera longue, et au bout de la route je trouverai un abîme. La Providence protège-t-elle encore le pays breton? Mon espoir est faible, et ma ferme croyance est que je vais à la mort.
—À la mort? répéta Vaunoy sans comprendre.
—À la mort! s'écria le vieillard dont un soudain enthousiasme illumina le visage; n'avez-vous jamais désiré mourir pour la Bretagne, vous monsieur de Vaunoy?
—Saint-Dieu! mon cousin il est à croire que cette idée a pu me venir une fois ou l'autre, répondit Hervé à tout hasard.
—Mourir pour la Bretagne! mourir pour une mère opprimée, monsieur, n'est-ce pas là le devoir d'un gentilhomme et d'un Breton?