—Quelle étrange odeur! dit-elle après quelques secondes de silence, pendant lesquelles son oeil n'avait point cherché Didier. Pourquoi ces hommes dorment-ils sur le carreau? Ils sont heureux de pouvoir dormir. Moi je vais prier.

Elle mit la main sur son front, et entre ses lèvres pâles une prière coula murmurant.

Puis tout à coup elle frissonna, disant:

—Ils mentent, ils mentent! Ce ne fut pas mon père qui dirigea le bras de l'assassin!

—Didier! Didier! cria dans la cour, sous la fenêtre, la voix de jeune fille que nous avons entendue déjà.

—Didier! répéta mademoiselle de Vaunoy en faisant effort pour ressaisir sa pensée fugitive; oui, c'est vrai, je suis venue pour lui… où est-il?

Elle jeta son regard autour de la chambre et aperçut le capitaine dormant auprès d'elle. Cette vue sembla éclairer soudainement son intelligence.

—Je me souviens, dit-elle, voilà que je me souviens! Il y avait dans les paroles de ce misérable valet une terrible menace. Les assassins vont venir peut-être…

Elle tourna avec effroi vers la porte ses yeux qui rencontrèrent en chemin, sur le carreau, les trois prétendus dormeurs.

En même temps l'odeur du sang vint de nouveau blesser son odorat.