Une douleur plus aiguë arracha au vieillard un cri plaintif. Jean bondit sur la paille froissée de sa couche et fut sur pied en un instant. Il s'approcha du grabat et prit la main de son père qu'il pressa silencieusement contre son coeur.
—J'ai soif, dit Mathieu Blanc.
Jean prit une écuelle fêlée où restaient quelques gouttes de breuvage, et la tendit à son père qui but avec avidité.
—J'ai encore soif, murmura le vieillard après avoir bu; bien soif.
Jean parcourut des yeux la cabane. Il n'y avait rien.
—Je vais travailler, père, s'écria-t-il en s'élançant vers sa cognée; j'ai dormi trop longtemps. J'apporterai du remède.
Le vieux Mathieu se retourna péniblement sur sa couche; mais au moment où Jean allait franchir le seuil il le rappela.
—Reste, dit-il; je souffre trop quand je suis seul.
Jean déposa aussitôt sa cognée et revint vers le lit.
—Je resterai père, répondit-il. Quand vous aurez sommeil, je courrai jusqu'au château et je demanderai ce qu'il faut à Nicolas Treml, qui ne refuse jamais.