Au bout de quelques minutes, la pioche rebondit sur un corps dur et sonore. Jude se hâta de déblayer le trou et retira bientôt le coffret de fer que Nicolas Treml avait enfoui autrefois en cet endroit. Après l'avoir examiné un instant avec inquiétude pour voir s'il n'avait point été visité en son absence, Jude sortit une clef de la poche de son pourpoint.
À ce moment, Pelo Rouan se mit à ramper et rentra sans bruit dans sa cachette.
Ce fut pour lui un coup de fortune, car Jude, sur le point d'ouvrir le coffret, se ravisa et fit le tour du chêne, jetant à la ronde son regard inquiet. Il ne vit personne, regagna le creux de l'arbre et fit jouer la serrure du coffret de fer.
Tout y était, intact comme au jour du dépôt: or et parchemin. Le bon Jude ne put retenir une exclamation de joie, en songeant que, avec cela, Georges Treml, fût-il réduit à mendier son pain, n'aurait qu'un mot à dire pour recouvrer son héritage intact.
Mais une expression de tristesse remplaça bientôt son joyeux sourire: où était Georges Treml!
Le capitaine Didier, son nouveau maître, avait reçu l'hospitalité au château, et il ne savait même pas qu'il existât une créature humaine du nom de Georges Treml.
Donc, non seulement Georges n'était plus là, mais on ne parlait même plus de lui.
Jude aurait voulu déjà être au château pour s'informer du sort de l'enfant. Il plaça le coffret dans le trou, qu'il combla de nouveau en ayant soin d'effacer de son mieux les traces de la fouille, puis il gravit la rampe du ravin.
Pelo Rouan le suivit de l'oeil pendant qu'il s'éloignait.
—C'est bien Jude! murmura-t-il, Jude l'écuyer du vieux Nicolas Treml! il n'emporte pas le coffret; je verrai cette nuit ce qu'il peut contenir. En attendant, il ne faut point que nos gens soupçonnent ce mystère, car ils pourraient revenir avant moi.