Le capitaine reprit en souriant:
—Il y a un moyen d'arranger les choses, mon garçon. Nous arriverons enveloppés dans nos manteaux de voyage, et je trouverai bien quelque prétexte pour te protéger contre les regards indiscrets. Après?
—Après? répéta Jude fort embarrassé; après, je tâcherai de savoir… de manière ou d'autre… ce qu'est devenu le petit monsieur.
—C'est cela, nous tâcherons.
La nuit vint: nos deux voyageurs furent introduits au château, comme nous l'avons vu, et Simonnet, le maître du pressoir, se chargea de les annoncer aux maîtres.
M. Hervé de Vaunoy et sa fille Alix étaient au salon, en compagnie de Mlle Olive de Vaunoy, soeur cadette d'Hervé, et de M. de Béchameil, marquis de Nointel, intendant royal de l'impôt.
Le capitaine était attendu depuis quelques jours déjà, bien qu'on ignorât le nom du nouveau titulaire. Dès que maître Simonnet eut prononcé le mot capitaine, tous ces personnages se levèrent et dardèrent leurs regards vers la porte avec une curiosité plus ou moins prononcée.
Le capitaine entra, suivi de Jude qui se tint aux environs du seuil, le nez dans le manteau. Didier s'avança le feutre sous le bras, la mine haute, et se portant comme il convenait à un homme rompu aux belles façons de la cour.
Son aspect parut étonner grandement tout le monde, ce qu'il dut déchiffrer en caractères lisibles, quoique différents, sur les quatre physionomies présentes.
Mlle Olive pinça ses lèvres en jouant vigoureusement de l'éventail.