Au bruit de ses pas, la masse noire remua. C'était un homme, assis sur la pierre du seuil, la tête entre ses deux mains.
—Est-ce toi, vieux Benoît? demanda l'oncle Jean.
L'homme releva la tête, et l'oncle Jean put reconnaître la bonne figure de l'aubergiste de Redon.
Il eut un véritable mouvement de joie, et frappa ses deux mains l'une contre l'autre.
—Avancez, mon neveu! s'écria-t-il, avancez, Marthe!... voici justement notre ami Géraud qui va nous tirer d'embarras tout de suite.
L'aubergiste se leva en silence, ôta sa casquette avec respect, et se rangea pour laisser l'entrée libre.
Dans le mouvement qu'il fit, la lumière de la résine vint frapper son visage. L'oncle Jean s'arrêta au devant du seuil, tant il vit de tristesse et de découragement sur les traits du vieil aubergiste.
Benoît Haligan s'était mis sur son séant.
—Allumez une autre résine, François Géraud..., dit-il. Faites un grand feu dans la cheminée... Ce n'est pas tous les jours que Penhoël vient visiter son serviteur!
Géraud ne bougeait pas. Il regardait d'un œil morne et consterné les trois hôtes de la pauvre cabane.