Marthe joignit les mains en poussant un cri faible. Elle était tombée sur ses genoux.

L'oncle Jean s'élança vers elle.

—Je les ai vues!... répondit Marthe à ses questions; toutes deux!... La mort ne les a point changées... Elles m'ont jeté un baiser avec un sourire... Oh! je les reverrai bien souvent, car elles savent à présent comme je les aimais!


Malgré son apparence de solitude et d'abandon, le manoir avait bien gardé quelques hôtes. A peine René, Marthe et l'oncle Jean eurent-ils quitté le grand salon, qu'une porte latérale s'ouvrit, donnant passage à M. Robert de Blois.

Robert avait entendu et vu la majeure partie de ce qui venait de se passer; un sourire de profond dédain se jouait encore autour de sa lèvre.

Il se dirigea vers la table où était la lampe, et poussa du pied, chemin faisant, les débris du portrait de l'aîné.

—Quelle brute enragée et stupide!... murmura-t-il. En vérité, la partie était trop aisée à gagner!... C'est qu'il allait la tuer, ma parole d'honneur... sans ce vieux pique-assiette d'oncle en sabots, qui est, ma foi, un gaillard!...

Il jeta un regard sur l'épée, qui était toujours à la même place.

—Tudieu!... reprit-il, quelle garde il vous avait! Il a désarmé l'autre trois fois de suite au demi-cercle!... On n'y voyait que du feu!