Il s'étendit sur le fauteuil où s'asseyait naguère Penhoël, et joignit ses mains sur son estomac avec un air de béatitude.

—Et tout cela est déjà de l'histoire ancienne!... poursuivit-il; la toile est tombée, la farce est finie et nous entamons l'ère sérieuse de notre existence... Il s'agit maintenant d'être un homme grave... et de porter comme il faut notre fortune... On se débarrasserait bien de ce vieux Basile de Pontalès, mais on a besoin de lui pour la députation... Il m'a garanti cent voix de ses créatures au collége de Redon... Les élections approchent... Quand je serai député, du diable si je ne lui joue pas quelque bon tour!

Il agita la sonnette, placée à côté de lui.

—Ma course sur la lande m'a donné grand appétit, reprit-il, mais je n'ai pas perdu ma peine... Blanche est en lieu de sûreté maintenant... et mon arc a toutes les cordes qu'il faut.

Un domestique se montra à la porte.

—Commandez qu'on me prépare à souper, dit Robert.

—C'est déjà fait..., répliqua le valet; notre monsieur avait donné l'ordre qu'on le servît au salon.

—C'est bien..., dit Robert. Je me contenterai du souper de notre monsieur... Allez!

Le domestique sortit.

Robert se frottait les mains et riait dans sa barbe.