A cette question inattendue, Cyprienne risqua un timide regard. Puis elle tourna la tête aussitôt pour cacher sa rougeur.
Mais elle avait eu le temps de voir en face Montalt, dont le sourire s'imprégnait en ce moment d'une sorte de bonté paternelle.
Le fardeau d'épouvante qui pesait sur le pauvre cœur de Cyprienne fut allégé de moitié pour le moins.
—Si nous aimons notre pays!... dit Diane. Nous sommes Bretonnes!
—Ah!... fit encore Montalt dont la voix changea légèrement; c'est une grande gloire que d'être Bretonne à ce qu'il paraît, mes belles enfants!... A tout hasard, je vous en fais mon compliment sincère.
—Il y a longtemps que vous savez d'où nous venons..., murmura Diane.
—Oh! oh!... s'écria le nabab dont le sourire devint plus franc; vous m'aviez donc remarqué sur la route?
Cyprienne fit un petit signe de tête affirmatif.
—Alors pourquoi cette longue résistance?... demanda Montalt, car il y a longtemps que je désirais votre visite... Aviez-vous peur de moi?
—De vous moins que d'un autre..., répondit Diane qui raffermissait peu à peu sa voix pénétrante et douce.