Le papier ne contenait que ces mots:
«Vous demanderez au juge d'instruction, qui vous l'accordera, la permission d'amener avec vous votre fils pour rendre visite à Maurice.»
Maman Léo crut avoir mal lu et se demanda dans l'excès de sa surprise si quelque chose n'était point dérangé au fond de sa cervelle. Elle se frotta les yeux et lut de nouveau.
—Mon fils, dit-elle; il y a bien «mon fils». Ces gens-là diraient-ils vrai? et la pauvre chère créature aurait-elle un coup de marteau? Je n'ai pas d'autre fils que Maurice, et je ne peux pas mener Maurice rendre visite à Maurice!
Elle quitta la voiture à la station de l'église Saint-Laurent et descendit à pied le faubourg Saint-Martin. La marche lui fit du bien, mais ne lui fournit point le mot de l'énigme.
Elle allait toujours répétant:
—Mon fils! mon fils! où diable la minette prend-elle ce fils-là? Il est sûr pourtant qu'elle m'a parlé bien raisonnablement, mais les toqués sont ainsi, et quand ils ne touchent pas à l'endroit de leur fêlure, on dirait des philosophes. Sa fêlure, à ce qu'il paraît, est de me donner un garçon et de se croire la sœur de son ancien promis. Son frère et mon fils se valent, les deux font la paire.
Plus de dix fois en chemin, elle s'approcha des boutiques pour lire encore le mystérieux papier.
Elle le tourna, elle le retourna, cherchant une indication qui pût lui donner le mot de la charade.
Car derrière la pensée que Valentine était folle, une autre pensée s'obstinait qui lui montrait, au bout de tout cela, je ne sais quel espoir confus.