Vivo tahitien, chanson du vent sur les roseaux, vivo!
Telle, dans le navire du voyage, la chanson du vent sur les flots, vivo!
Telle, aussi claire, aussi obscure, la chanson du sauvage sur le chalumeau, vivo!
Tu interroges:
—PAÏA?
Je t'écoute sans répondre, accoudé à l'infini, le menton dans la main, les regards au large, réfléchissant dans mon âme le soleil déjà réfléchi par la mer—réfléchissant.
Et que te répondre? Je suis triste, mais je sens les ailes de l'espérance s'épanouir en moi comme deux grandes fleurs. Tu m'inquiètes, mais tu me charmes.—Attends encore, chante encore…
Impatiences agitées parmi l'indolence de l'étendue, promesses d'escale en escale démenties, vous voilà qui fusez en réalité d'autres ivresses, d'autres que les rêvées, en joies inconnues, à fonds sourds d'amertumes, où s'étonne et s'égare mon désir.
Pourtant je vous ai voulus et je vous ai cherchés, flots, ô forêts, ô fleurs folles d'être vivantes, et toi, race dorée: ton âme, une fleur belle aussi, vaste, odorante, généreuse, je l'ai désirée comme une renaissance. Mais tu te gardes de moi, tu gardes ton mystère.
Me le diras-tu, un jour?