—Oui!
Et, dans le fond de mon coeur, je me répétai pour moi-même:
—Oui!
Je n'ai pas donné un coup de ciseau dans cette branche de bois de rose sans respirer, chaque fois plus fort, le parfum de la victoire et du rajeunissement: noa noa!
Par la vallée du Punaru—la grande fissure qui divise Tahiti en deux parts—on parvient au plateau de Tamanoü. De là, on peut voir le Diadème, l'Oroféna, l'Aroraï,—le centre de l'Ile.
On m'en avait parlé bien souvent comme d'un lieu merveilleux, et je formai le projet d'aller, seul, y passer quelques jours.
—Mais, la nuit, que feras-tu?
—Tu seras tourmenté par les Tupapaüs!
—Il n'est pas bon d'aller déranger les Esprits de la montagne… Il faut que tu sois fou!
Je l'étais probablement, en effet, car cette inquiète sollicitude de mes amis tahitiens ne faisait que surexciter ma curiosité.